• Requiem

    J'y mettrais quelques pensées. Des textes et mots écris sur des coups de tête. :] Ou même... des trucs pas fini, ou que j'aurais écris ailleurs et que j'aurais r'envoyé ici.

    MAJ: je n'y mettrais que les trucs les plus "tristes"/"glauques" ainsi que quelques pensées/idées.

  • La frontière entre "rêver" et "rêvasser" est parfois plutôt mince, quand on laisse son esprit vagabonder. Alors je ne me souviens plus de si je l'ai rêvé, où peut être que je l'ai juste inventé un soir d'ennui. Mais je le raconte quand même. Après tout, il restait inconscient quoiqu'il arrive.

    Tout a commencé dans une pièce immense plongée dans l'ombre. Une multitude, une infinité de fauteuils noirs la remplissait, avec à son sommet... moi, peut être? Je me voyais principalement de dos alors le doute est permis. Toujours la même coupe avec une mèche qui part en cacahuète. Et une veste bleue, dans le même style que dans un jeu que j'aime bien.

    Et puis, j'attend. De temps en temps, d'autres fauteuils tombent de là haut. C'est plutôt étrange. Pourquoi ces machins là précisément? Parfois je grimpe un peu, pour ne pas glisser vers le fond, dans lequel je ne saurai quoi trouver d'autre puisque plus je m'en rapprochai, moins j'y voyais clair.

    Au bout d'un moment, dans une autre chute j'apercevais un fauteuil très usé plus loin. Avec dessus une sorte de pantin de bois clair. D'habitude rien de se genre ne tombait. Alors je m'en méfie au début. Puis en comprenant qu'il n'a rien de particulier, je décide de rester à proximité. Le temps passe et je me rend compte que j'avais un feutre dans ma poche. Alors je dessine des yeux à mon nouvel ami. Une bonne tête de gogole vu mes talents de dessinateur, si vous voulez mon avis!

    Je m'amuse a lui confectionner une personnalité lorsque cette fois, un peu en dessous du tas de fauteuil encore récemment tombés, je trouve un t-shirt un peu trop grand, et qui fera donc office de robe pour ce pauvre pantin.

    Après, c'est un peu plus flou. Une dernière chute de fauteuil fait tomber le pantin profondément. J'entend des claquements dans la chute, des échos, puis.. plus rien. Je suis de nouveau seul. Je m'ennuie. Plus rien se passe. Alors je descend un peu. Inquiet, mais j'ai envie de retrouver le pantin. Je n'y vois quasiment plus rien au moment de me réveiller.


    18 commentaires
  •  (la suite de la "fic" pour la miss!)

    ________________________

     

    - La ferme!

    - Mais Mi--ii-l-an. -an. Je ne compren-en pas. C'e-e-est toi qui-i. qui m'a-a demandé de. parler.

    - La ferme j'ai dis! Maintenant, la ferme!

    Le robot se tu donc sur son ordre. L'attitude contradictoire de l'homme le perdait. Tantôt il le cogne et râle parce qu'il doit le réparer. Tantôt il tente une modification et lui demande de parler, puis râle pour le faire taire. Tantôt il lui demande de dire la vérité alors qu'il attend un mensonge, et il fini par l'insulter sous le coup de la rage.

    A mesure que le temps passe il arrive que dans ses bons jours il se montre moins violent. Cela reste rare. L'autre ne comprend pas. Il essaie parfois, en vain. Il n'est pas suffisamment développé pour prendre l'initiative. Milan en a horreur. C'est justement ce qui caractérisait Yemeth. Il était autonome. Soigneux. Il veillait naturellement sur les gens. Non pas parce que c'était gravé dans ses codes, mais parce que c'est ce qu'il souhaitait. Simplement. 

    Ca lui manque terriblement. Il, lui manque. Dès qu'il y pense ça le rend malade. C'est pire si son regard croise celui de l'autre.

    [...]

    L'autre fait une nouvelle tentative. Sa main gauche tremble cependant. La tasse finie brisée au sol. Les morceaux baignent dans le liquide encore brûlant. Milan s'énerve. Il l'envoie balader, puis lui ordonne finalement de nettoyer sa connerie, parce que ça le dérange. Il n'a pas envie de s'en charger lui même, trop occupé à pianoter sur son portable.

    [...]

    L'autre à remarqué qu'il s'est endormi sur son bureau. Son créateur lui a expressément interdis de l'approcher dans ces conditions. Un soir le robot a vu deux personnages à la télé. L'un s'était endormi sur son canapé, de même façon que Milan. Un autre arrivait et déposait une couverture sur lui. La machine les a imité, mais ça l'a réveillé. Il l'a repoussé aussitôt, lui et le morceau de tissus. Il n'a plus recommencé.

    [...]

    L'autre a constaté que l'humain peinait avec sa jambe depuis qu'il se l'est cassée. Elle n'est plus emplâtrée mais il force dessus constamment. L'autre a appris qu'il est censé lui porter secoure. Milan l'a rejeté, encore. Quoique cette fois ce n'était pas de la colère qu'on aurait pu lire dans ses yeux. Plutôt de la peine.

    Un souvenir, pour ne pas changer.

    "Je ne m'embête pas, ne soyez pas ridicule. Je suis bien resté pour vous apporter mon aide!"

    - Je suis tellement désolé, Yem'...

    "Hey, gaufrette. Je viens m'assurer que tu n'as pas trop trituré la pauvre Hopsi sans moi. Pardon, je voulais dire: et ta cheville? ... Bon, tu me fais entrer ou on file sur ta bécane rouillée pour aller mater un soleil couchant avant de s'embrasser avec niaiserie et passion?"

    Cette fois c'est de trop. Il ferait mieux d'abandonner, de le laisser. Non, de l'ignorer. Il ne peut décemment pas l'éteindre?

    "Concernant Hopsi… Au pire, il est détruit, comme tous les autres individus rejetés. Personne n'est parfaitement libre, Yemeth, même pas les humains. Est-ce qu'il ne vaut tout de même pas mieux de s'en rendre compte ? Après on arrive aux traditionnels questionnements du « pourquoi je suis ? », mais Hopsi aura le temps avant de se perdre dans un gouffre existentiel. Qu'est-ce que tu en penses ?"

    Bon sang mais à quoi est-ce qu'il pensait en voulant le reconstituer. Il n'aurait pas dû. Il n'aurait vraiment pas dû.

    [...]

     

    (melancholia)

     

    - Tu-u-u devrais te re-e-epo-o-po-ser.

    - Dégage.

    Le robot insiste cette fois. 

    - Dégage j'te dis!

    Il ne lâche pas l'affaire.

    - Mais merde! Dégage! Dé-gage!

    En plus de six ans le robot a bien réussi à apprendre une chose. Une seule. Lorsque Milan dit aller bien c'est dans l'unique but de le garder à distance. Hors là, son créateur va mal, et il ne souhaite pas l'abandonner. Curieusement. Est-ce possible? Il ne sait pas. Il n'est pas censé avoir de volonté propre. C'est uniquement pour son bien, il a été conçu pour ça après tout. Non?

    - Mais dégage, merde! Fout le camp! Tu m'énerve! Dégage! Dégage dégage dégage!

    Le robot n'a pas l'intention de s'éloigner, ça le met davantage en rogne. L'homme fini par ramasser n'importe quel objet à sa portée pour l'écraser contre la tête de la machine. La violence du geste fait qu'un des câbles qui maintenait cette dernière, cède. Un clac retenti, mais aucun entend. Milan le bouscule en arrière, le robot peine à réagir. Alors Milan force. Il le fait chuter, se jette quasiment dessus. Il le regarde un instant dans les yeux, haineux, bras levé, armé. Il écrase une autre fois l'objet contre la tête de la machine.

    Elle se fêle. Il lève à nouveau le bras et porte un coup de plus, avec rage. Puis un autre brusque. Encore un, un de plus, encore et encore, jusqu'à le détruire complètement. La carte située a l'intérieur est totalement brisée. Un oeil roule plus loin sur le tapis usé. Milan est épuisé, essoufflé.

    Durant de longues secondes il contemple son oeuvre. Petit à petit il prend conscience de ce qu'il vient de faire. D'une voix tremblante, il l'appelle faiblement;

    - Eh, Yem. Yem..?

    Le croate se penche en avant pour appuyer son front contre la tête écrasée au sol. Il ferme les yeux, se sent monstrueux. Horrible. Il se sent devenir dingue. Il se débecte.

    - Je suis tellement désolé Yem, je suis désolé. Pardonne moi, répond. Yem, je t'en supplie..

    [...]

    Les années ne filent pas assez vite à son goût. Pourtant il ne manque pas d'occupations. Il enchaîne les boulots, poursuit les modifications sur son propre corps avec l'aide d'un mécano. Il est méconnaissable maintenant. Un bras mécanique. Des jambes mécaniques. Des articulations mécaniques. Un cyborg qui ressemblera davantage à un androïde dans un futur proche. Sa prochaine modification est censée lui permettre de modifier sa mémoire. C'est encore expérimental mais il s'en moque bien. Il a anéanti le cartel dans lequel il s'est embourbé il y a longtemps. Il s'est défait de toute attache. Il n'a besoin de rien. Besoin de personne. Plus maintenant.

    [...]

    "Milan Horvat, 47 ans
    mort au combat"

    Dans un pays qui n'était pas le sien, pour des gens qu'il n'a pas connu, pour une cause dont il se moquait.

    Il ne l'aura pas attendue mais l'aura accueillie à bras ouvert.


    votre commentaire
  • Note: Un petit "hors rp" pour la miss avec laquelle je joue sur HO! o/ Mais j'avais envie de poster là (c'plus pratique d'écrire de côté et balancer le lien ensuite)

    _______________

     

    (goetia)

     

    - Tu comprends maintenant? Va, ramasse ce qu'il en reste. Si demain je ne te vois pas, tu finiras dans le même état. Je te retrouverai. Sois-en sûr, Miles.

    L'homme qui lui faisait face tournait enfin les talons. Ses deux molosses le suivirent simplement, sans un mot. Il ne restait au sol plus que les restes d'une clef usb qui contenait autrefois la mémoire de Yemeth. Les vestiges d'un androïde maintenant réduit a l'état de détritus. Un monceau de vis, bouts de métaux charcutés, boulons, câbles électriques arrachés. Un carnage. Juste sous ses yeux. Il n'a rien pu faire. Lui qui se targuait d'être assez fort pour eux deux, pour les faire vivre eux deux, parce qu'il devait assumer ses choix. Il venait de perdre tout ce pourquoi il s'était donné tant de mal jusque là. Le pire? Ce n'est pas tant sa peine ou cette rage nouvelle qui l'habite. Le plus horrible, c'est le regard du robot. Le son. Les craquèlements. Il ne l'a même pas appelé à l'aide, sachant probablement le mal que ça lui ferait. Milan n'ose pas imaginer ce que ça a dû être pour lui. Quand bien même il ne puisse pas re-sentir le même type de douleur qu'un humain, ça restait Yemeth. Il était conscient. Tellement meilleur que ces monstres qui l'ont déchiqueté vivant. 

    [...]

    Enchaîner deux à trois petits boulots en plus de celui qu'il est contraint de garder de nuit pour.. d'autres affaires, Milan tente de reconstituer sa seule attache. Le peu d'amis, si on peut les appeler ainsi, qu'il avait, l'ont lâché peu à peu. Voilà déjà plus de trois ans qu'il travaille à récupérer des éléments de la mémoire de Yemeth, sans trop de succès. Alors il code, dès qu'il le peut, et s'il ne s'endort pas sur son plan de travail.

    [...]

    Finalement il est parvenu à créer un petit logiciel. Malheureusement ses réjouissances seront de courtes durée. N'ayant pas payé son loyer puisqu'il a favorisé l'achat de divers matériaux, l'électricité lui a été coupée. Qu'importe. Il irait prendre ce dont il a besoin, ailleurs. Autrement.

    [...]

    Milan ne compte plus les choses qu'il a dû faire et dire pour en arriver là, mais, il y est. Il y est presque! Certes il ne sera pas une copie conforme. Seulement, au moins la ressemblance y est. Un peu? Au moins un peu, oui. C'est maladroit, mais il le ré-assemble peu a peu. Il espère. Davantage maintenant qu'il se sait capable de le coder.

    [...]

    Le résultat n'a pas été à la hauteur de ses espérances. Ce... cette chose qu'il a conçue lui renvoie les images de l'androïde qu'il a connu autrefois, en plus de ses multiples échecs. Le robot s'essaie tout de même à parler. Sa voix grésillante saccadée lui rappellerait presque celle nasillarde de Yemeth. Cette voix qu'il avait. Cette façon de se montrer envahissant. Ses maladresses lorsqu'il craignait de commettre une erreur.

    - Mi-l-an? Je n'ai p-- saisi l-- p-- de t-- emande. A--- a--aa-tention. Tu. tu-tu ne dev--- a.

    Il peut a peine bouger. La vision de ce ratage est écœurante. Elle est l'est plus encore lorsque que le Croate songe à l'éteindre définitivement pour le balancer aux ordures. Cette seule pensée le répugne instantanément puisqu'il s'imagine alors à la place de celui qui a détruit le seul être qui comptait à ses yeux. Ou en tout cas, il le plaçait clairement dans les plus importants. Pour ne pas dire indispensable, vu jusqu'où il est allé dans l'optique de le récupérer. Finalement, il ne se résoudra pas a le détruire. Le peu de motivation qui l'animait s'effaçait lentement, en même temps que son envie de corriger les défauts de l'autre. L'autre. Il ne souhaite même pas lui donner de nom. Ce serait trop difficile de le prononcer, et ça aurait salir la mémoire du défunt. Pouvait-il seulement le considérer comme vraiment "mort"? Défunt. Y penser le rendait malade.

    L'autre tentait donc de lui parler, mais ça ne faisait que l'agacer davantage. Il le hais. De tout son être. Il n'aurait jamais dû fabriquer cette horreur! Il le suit partout. Il le hante... Il l'effraie.

    [...]

    - M--i-i-iil-an?

    Le comprendre n'est plus aussi difficile qu'il y a quelques années, mais ça reste épuisant. Il l'ignore une nouvelle fois.

    [...]

     


    13 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique